👉 L’Anah précise clairement :

« la mission [AMO, ndlr] PEUT être assurée par le maître d’œuvre ÉVENTUEL de l’opération »
(extrait du cahier des charges rédigé par l’APC et CoachCopro « Maîtrise d’œuvre – rénovation architecturale et énergétique »)
Aujourd’hui, ces mots PEUT et ÉVENTUEL sont trop souvent instrumentalisés par les maîtres d’œuvre et conduisent régulièrement à des dérives aux conséquences lourdes pour les maîtres d’ouvrage.
- PEUT ne veut pas dire DOIT
- ÉVENTUEL ne veut pas dire RECOMMANDÉ
- Cela ne veut surtout pas dire SANS RISQUE
Le texte ne s’arrête pas là,
L’Anah ajoute immédiatement :
« une AMO intégrée [à la maîtrise d’œuvre, ndlr] ne peut assurer le même niveau de conseil et d’accompagnement au Maître d’Ouvrage, ayant des intérêts dans la réalisation du programme travaux ».
Ce point est sans ambiguïté.
Et pourtant, il est trop souvent mis de côté dans la pratique.
La réalité du terrain :
L’argument est bien connu : « Ne vous inquiétez pas, l’AMO est comprise … à notre mission de maîtrise d’œuvre »
Mais à quel prix s’achètent le conseil, la transparence et la neutralité, sur des projets qui engagent plusieurs centaines de milliers, voire des millions d’euros ?
Et surtout : quelle AMO est réellement comprise : Technique / Sociale / Financière ?
Bien souvent, seule l’ingénierie financière (obligatoire par l’Anah) est assurée.
Aucun regard technique externe et indépendant pour le maître d’ouvrage.
Aucun accompagnement social structuré pour expliquer, rassurer et embarquer les copropriétaires – point clé pour réussir un projet en copropriété.
En marchés publics, la question est tranchée
👉 AMO ≠ MOE : obligation de séparation.
Pourquoi ?
Parce qu’un maître d’ouvrage ne peut pas être correctement défendu par un maître d’œuvre s’il :
- Oriente seul le programme travaux,
- Rédige les appels d’offres, conseille le choix des entreprises,
- Pilote l’exécution jusqu’à la réception des travaux,
Qui, dans ce cas, est en capacité de contrôler réellement le maître d’œuvre ?
En copropriété, on accepte pourtant :
- Des cahiers des charges sommaires ou mal cadrés,
- Libre aux entreprises de répondre par « pas cher … », variante et de surfacturer après ;
- Des appels d’offres sans réelle ouverture à la concurrence,
- Choix d’entreprises sans transparence totale, sans négociation sur les prix ni vérification des métrés ;
- Un pilotage défini par celui-là même qui exécute la mission de maîtrise d’œuvre,
- Planification sans cadre réel, absence de contrôle.
La facilité de la MOE + l’AMO « clé en main » proposé par certains est devenue une « norme » très dangereuse sur le marché de la copropriété.
#Syndics #ConseilsSyndicaux #Copropriétaires #AMOCopro #MOE #Anah #CoachCopro : peut-on encore accepter qu’un seul acteur concentre autant de pouvoir, sans regard externe, ni réel contre-poids expérimenté ?
👉 Un sujet encore peu pris en compte aujourd’hui, alors même que ses conséquences sur la durée des projets sont bien réelles.
Et vous, qu’en pensez-vous ?



